méandres deltas lisières passerelles pilotis

lisière ; lieu mouvant, en marge. lieu d’échange entre la terre, l’eau, l’air. sinuosités, écriture de l’eau entre les bouts de terre. zone trop mouvante pour être construite, cernée. lieu où les humains ne prennent pas toute la place. passerelles et pilotis ; artefacts. constructions humaines. avec l’eau. le vent. tout ce qui a une âme. s’élever du sol. comment habitons-nous le monde ?

Lisière, acrylique, 2020

1. mon activité, depuis ses débuts (1994), s’élabore sur les mêmes fondements. cela s’est formulé au fur et à mesure, découlant d’une sensation primordiale de l’enfance, dans la montagne et avec l’océan. la résonnance, le corps, tout ce qui est là. nous faisons partie du même monde. la présence de l’être, non séparé du lieu où il est. l’intuition d’une incohérence entre cette « connaissance » et la société où je grandis.

Lisière, aquarelle, 2020

3. en 2012, j’ai appelé ce rapport « chaospoétique ». une poétique d’être au monde, dans les éléments, dans les perturbations et l’incertitude.

Delta, feutre, 2019

5. la taille est une expérience et le passage par les mains est essentiel. c’est à travers le corps que je peux penser le monde.

Delta (détail), aquarelle, 2020

7. de ma construction esthétique, il y a les roches, en montagne ou en bord de mer. lignes, creux, sinuosités, méandres. tout un vocabulaire que l’on trouve aussi bien dans le corps, dans les végétaux, dans le paysage. c’est la façon dont les fluides, visibles ou invisibles traversent les espaces et les matières.

Delta, feutre, 2019

9. l’espace mouvant entre terre et eau que l’on peut appeler lisière, est en lien avec ma façon d’aborder le bois. un processus. le fait d’avancer en co-évolution avec les choses. d’être à la fois à distance et dedans. dans cette porosité.

Delta, feutre, 2019

10. le long de la Loire je travaille ces notions avec la présence du fleuve, des zones humides, des fluctuations, d’une hydrographie incroyable.
ce qui résonne du monde est au-dedans de nous.

2. cela s’est exprimé à travers des précipités (performances), à travers la danse, la marionnette et le théâtre d’objets, la peinture, l’installation. la sculpture.
la taille directe et la présence du bois permet une définition fine et évidente de ce rapport au monde. le bois était un arbre, il est un morceau vivant du monde qui me rapproche des principes premiers. Il nourri une « autre » façon de voir le monde. une autre ontologie.

dessin, 2019

4. les oeuvres sont l’expression de la présence des choses au monde, telle que je peux la donner. le monde du dehors, en instabilité et en mouvements constants.

Pilotis, aquarelle, 2020

6. avec la sculpture se pose la question de l’objet et du rapport au sol. la taille est une pratique hors temps et hors civilisation. à travers mes pièces je ne parle pas des humains directement mais du vivant et du dehors. de la circulation de l’eau et de l’air dans et avec les formes.

Delta, feutre, 2019

8. les pilotis, sont des éléments essentiels de l’architecture et de l’habitat chez de nombreux peuples. éléments de mon enfance. esthétiques. une façon d’être en survie, de protéger la nourriture, de se protéger des bêtes. de peser moins lourdement sur la terre. éléments de sculpture essentiel dans le rapport au sol, à la verticalité, l’horizontalité et l’oblique.

détail de Trois rivières, acrylique, 2020